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Le destin entre tes mains

All rights reserved © www.frenchwritersworldwide.com

 

lettre d'un africain à ses parents

 

A toi mon parent, mon enfant, ma sœur, mon frère

de famille, de tribu, du pays, du continent et du monde….

 

L’idée de t’écrire s’est imposée à moi le jour où, revenant d’une visite médicale à l’issue de laquelle le médecin m’a recommandé de diminuer mon rythme de travail, j’ai reçu une lettre de l’Office National des Pensions qui me disait à peu près ceci : 

“Vous avez atteint la cinquantaine, pensez à votre retraite; les 17 années prestées au Congo ne comptent pas dans le calcul de votre pension de retraite. Simulation faite, vous aurez 390 euros par mois. Prenez donc vos précautions”.

Comment diminuer le rythme de travail alors que s’annonce la “période de vaches maigres” ? Comment envisager l’avenir avec un loyer qui coûte déjà mille euros ? Pendant que je m’interrogeais, les appels d’Afrique ne tarissaient pas, avec comme objet habituel : demande d’une assistance financière”. Ces lettres viennent de membres de la famille, des amis et connaissances.

Pour m’apaiser, ma fille me tapote sur l’épaule : “Ne t’en fais pas, papa, pour ta vieillesse : nous serons là”.

Père de six enfants, dont quatre encore aux études, je serais déjà heureux si chacun d’entre eux obtenait son diplôme. Dans l’entre-temps, je me dis : il faut que je mette de l’ordre dans mes affaires. Voilà la raison de cette lettre que je te destine, toi qui fais partie des miens.

On m’a demandé un jour si en faisant un bilan de ma vie je pourrais dire que j’ai été heureux ? Je ne sais pas s’ils sont nombreux ceux qui répondraient par l’affirmative, il vaudrait peut-être mieux parler de “moments heureux” plutôt que du bonheur. Une chose dont je suis certain : la joie et/ou la peine sont contagieuses, elles viennent de nos actes et de ceux des autres. Nous héritons et transmettons à notre tour des fardeaux parfois trop lourds à porter.

 

Cette lettre, c’est pour alléger, autant que faire se peut, la charge à porter par chacun de nous. Je souhaite de tout cœur que tu sois de ceux qui peuvent dire : “La vie est belle, elle vaut la peine d’être vécue”. Mais ce bonheur que je te souhaite sera d’abord ton oeuvre, même si, d’une certaine manière, l’un ou l’autre t’aura donné un coup de pouce. Dans ta quête du bonheur, je voudrais aussi te demander de voir ceux qui, à côté de toi, n’ont pas ta chance, la chance d’être en bonne santé, d’avoir des aptitudes à mettre en valeur, d’avoir un proche qui se préoccupe de ton bonheur.

Ma lettre comportera trois points majeurs : Je vais te dire qui je suis et qui tu es, je vais te parler de la solidarité et je terminerai par mon point de vue à propos du “vivre ensemble demain”.

 

 

Pie Tshibanda

 

Qui je suis ?

Moi, c’est Pie Tshibanda Wamuela Bujitu. Je suis né à Kolwezi, une ville minière au sud de la RD Congo. Mais dans mon pays, t’as beau naître quelque part, Il se réveillera un jour quelqu’un pour te dire :

“Tu es né ici, d’accord, mais ton grand-père était venu

du Kasaï !”

 

 

 

1987 — Je suis engagé comme psychologue dans la fameuse entreprise GECAMINES, après 10 ans passés dans l’enseignement.

 

1994 — Les Congolais originaires du Kasaï, comme moi, font l’objet d’une

épuration ethnique commanditée par le dictateur et ses lieutenants. Cela durait

depuis trois ans déjà. Je me sens indésirable dans ma province natale, je saisis l’opportunité d’une petite bourse pour demander asile en Belgique. Se retrouver au bas de l’échelle en Europe à plus de quarante ans, devoir repartir de rien, tel fut le défi à relever.

 

2006 — Une quinzaine de livres à mon actif, je joue pour la millième fois “Un

fou noir au pays des blancs”, au cirque royal de Bruxelles devant 2500 spectateurs enthousiastes ! Merci les Belges pour la petite place, pour les titres honorifiques, pour la reconnaissance de mon travail.

 

Voilà pourquoi le coup d’oeil dans mon rétroviseur me montre que j’ai vécu 23

ans au Katanga, 16 ans au Kasaï, 4 ans à Kisangani et le reste en Belgique. Pour l’éternité, je reposerai où je serai le moins encombrant.

 

Qui tu es ?

 

L’Africain est un être social, il conjugue “nous” et non “je”.

Dans notre culture, on ne se préoccupe pas outre mesure du degré de parenté.

Parler de demi-frère, cousin, nièce… c’est discriminer. Nous sommes tous des

frères, membre de la grande famille, branches de l’arbre généalogique.

 

A partir de quels critères avons-nous des relations plus ou moins privilégiées avec l’un ou l’autre ?

 

Degré de proximité sur l’arbre généalogique. En principe chacun de nous est

plus proche de son fils, de sa fille que de son frère, sa soeur.

 

Proximité par rapport à l’espace de vie. Si mon cousin est en même temps mon voisin, je pourrais me sentir plus proche de lui que de mon frère qui vit loin.

 

Paradoxe du rapprochement dans l’éloignement. Deux Africains (cousins

éloignés) vivant en Polynésie se diront “frères”.

Proximité due à la richesse. Le riche attire, le pauvre laisse indifférent.

 

Notez aussi qu’à l’instar de toute société humaine, la famille est composée de

gens qui ont un peu plus que les autres et de ceux qui ont moins. Certains

partagent, d’autres vivent repliés sur eux-mêmes. Moi, je pense qu’il faut se

serrer les coudes, se montrer solidaires.

Un proverbe de chez nous dit : “Ce qui sera produit par un sera mangé par plusieurs”.

 

Dans beaucoup de pays, et donc aussi en Belgique où je vis, il y a des bureaux spécialisés en transfert d’argent. Les Africains qui travaillent en Europe envoient souvent de l’argent à leur famille du sud, famille souvent démunie. Nous sommes solidaires les uns avec les autres et c’est bien ainsi.

 

Au Nord, où les gens sont plus riches, la solidarité s’organise différemment :

à celui qui travaille, on prend de l’argent à redistribuer aux plus démunis. C’est

une organisation qui a ses avantages et ses inconvénients.

 

Un sage a écrit quelque part cette phrase que j’ai retenue : “Il n’y a pas de la joie à être heureux tout seul”. Accueillir chez soi l’enfant d’un frère décédé, donner à sa belle-soeur, à son cousin, à son neveu la chance de suivre des études, quoi de plus noble !

Jadis, dans nos villages, les gens mangeaient dehors, de manière à permettre à un voyageur affamé de s’arrêter et de manger.

Pour maintenir la solidarité familiale, les familles africaines échangent des

biens : la dot versée pour le mariage de ma sœur peut servir à un cousin qui

doit se marier. La branche qui reçoit devra un jour fournir, à son tour, la dot à

un autre membre de la famille qui voudra se marier.

Il y a parfois des perturbations au niveau de ces échanges et cela provoque colère, rancune, “sorcellerie”, vengeance, mort.

De quoi s’interroger : la solidarité africaine, moteur ou frein au développement ?

 

Une solidarité qui tient compte du fait que notre vie est faite des étapes : naissance, jeunesse, âge adulte, vieillesse et repos éternel ! 

 

Moi, Pie Tshibanda, je veux continuer à être solidaire avec chacun de vous,

mais je voudrais cette fois que cette solidarité soit celle qui tire vers le haut et non vers le bas, une solidarité qui libère et non celle qui enchaîne.

Vivre ensemble demain …

Vivre mieux, sortir de la pauvreté, tous et chacun, c’est possible. Pour y arriver, je te suggère de te poser ces bonnes questions :

Où te situes-tu sur notre arbre généalogique ? Combien y a-t-il des gens

dans l’axe vertical entre toi et moi ? Combien y a-t-il des gens dans la ligne

horizontale sur laquelle tu es ? C’est quoi le problème majeur de chacun d’entre nous ? Comment réagirais-tu à ma place si de la même ligne horizontale, l’un te demandait de lui payer les études secondaires et l’autre de l’aider à poursuivre des études post-universitaires ?

 

Si l’un te demandait un dessert pendant que l’autre te dit qu’il n’a pas mangé

depuis deux jours ? Si l’un te demandait de quoi payer la dot et l’autre de quoi

organiser une fête d’anniversaire ?

 

Quel est l’objectif majeur que tu te fixes dans la vie ? Où en es-tu ? Tu veux

aller de l’avant ? Devenir autonome ? Quelqu’un sur qui les autres peuvent

compter ? 

Mot de la fin …

J’appréhende la retraite qui approche et qui pour moi sera  la période de vaches maigres, je voudrais m’y préparer et en même temps faire un dernier geste pour chacun de vous, un peu comme l’on partage ses biens dans un testament.

 

Je vous suggère donc de vous réunir par famille restreinte ou par proximité

spatiale et de concevoir un projet qui pourrait nous tirer vers le haut. Je

promets d’y contribuer dans la mesure de mes possibilités mais aux conditions suivantes: que votre projet soit réaliste, qu’il ait été discuté avec vos parents, que vous indiquiez clairement quelle sera votre contribution et/ou celle de vos parents, que votre projet me parvienne au plus tard le 30 Janvier 2011.

Au-delà je ne pourrai rien puisque la retraite est pour bientôt, ne l’oubliez pas.

 

A mes enfants

J’aurai réussi ma vie si en quittant la scène je laisse chacun d’entre vous avec

un diplôme et un travail. Refusez d’être des receveurs.

Souvenez-vous de ce que nous, parents, avons souffert pour faire de vous des

hommes responsables. Votre maman et moi avons travaillé toute notre vie pour

vous encadrer du mieux que nous avons pu, nous renvoyer l’ascenseur ne sera

qu’un juste retour des choses. Vous êtes des hommes et des femmes libres, soyez heureux !

 

J’ose espérer que cette lettre ne choquera personne, si c’est le cas, pour cette

lettre et pour les autres fautes que j’aurais commises, eh bien, à tous et à chacun, du fond de mon coeur je demande PARDON.

 

Votre frère, © Pie Tshibanda.

 

Rencontrer  Pie Tshibanda

Allez voir son spectacle ! Agenda 2012 sur Event

Découvrez son  projet Kasaï

 

 
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